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Assises des Villes moyennes et de l'Intercommunalité ! | 24 septembre 2007

 

Comment définir les contours d'une nouvelle donne entre l'Etat et les collectivités territoriales ? Comment réformer la fiscalité pour en améliorer sa lisibilité par le contribuable local ? Quelles évolutions faut-il apporter aux relations financières et au pacte intercommunal pour mieux répartir les charges de centralité ?
Intervenants :

Jean-Pierre Chevènement, président de la CA Belfortaine

Jean-François Copé, député-maire de Meaux, président de la CA du Pays de Meaux

Dominique Hoorens, directeur des études de Dexia

Alain Lambert, sénateur, président de la CA d'Alençon

Christian Pierret, maire de Saint-Dié-des-Vosges, président délégué de la FMVM

Emile Zuccarelli, maire de Bastia, président de la CA de Bastia

Animateur : Eric Julla, directeur Sud de Ressources Consultants Finances

Plus de détails :
www.villesmoyennes.asso.fr

[Merci à NICOLE]

Publié par C2R à 21:25:01 dans Débats & opinions | Commentaires (0) |

« Les effets médicaux des franchises » Dr ELIE ARIÉ - "Le Quotidien du Médecin" | 24 septembre 2007

DANS UNE LIBRE OPINION parue dans « le Monde » daté des 28 et 29 juillet, j'avais évoqué les difficultés administratives, juridiques et constitutionnelles auxquelles se heurte le projet des franchises médicales (depuis, s'y est ajoutée l'idée absurde de faire financer la recherche publique sur la maladie d'Alzheimer, qui concerne tous les Français, par les seules personnes ayant besoin de consulter un médecin pour toute autre chose : mais le mot « impôt » est devenu aujourd'hui un terme grossier) ; mais la Tribune de MM. Claude Le Pen et Guy Vallancien (« Vive la franchise ! ») parue le 16 juin 2007 impose de revenir à l'essentiel, qui ne semble pas avoir effleuré la pensée de leurs auteurs : celle des effets médicaux et sanitaires d'une disposition purement comptable.
Tout le monde sait, pourtant, que « prévenir vaut mieux que guérir » ; qu'on se porte mieux (et qu'on coûte moins cher à l'assurance-maladie) si on ne fait pas un infarctus qu'après avoir guéri d'un infarctus (à moins d'en mourir, source indiscutable d'économies) ; et que le principe même de la prévention consiste à voir régulièrement un médecin, même lorsqu'on se sent parfaitement bien, pour corriger avant qu'il ne soit trop tard les erreurs que l'on commet dans son alimentation et dans son mode de vie en général, tout comme les pédiatres voient des nourrissons en parfaite santé ; que tous les pays développés facilitent au maximum l'accès au médecin de premier recours (habituellement, le généraliste) en supprimant tout ticket modérateur et toute avance de frais ; et que les franchises médicales constitueront un frein majeur au développement de la prévention.
Mais cette logique impose quelques mesures complémentaires : la suppression du paiement à l'acte du généraliste, incompatible avec le financement de la prévention ; la suppression du libre accès au spécialiste ; le paiement des généralistes en fonction non seulement du nombre de patients qui l'ont choisi, mais aussi en fonction d'indicateurs opposables (et non purement incitatifs) de qualité des soins, mais aussi de résultats (comme en Grande-Bretagne, ou dans le système public américain des Vétérans) ; le plafonnement du nombre d'actes annuel par généraliste, l'obligation, pour ce dernier, de suivre une formation médicale continue validée et indépendante de l'industrie pharmaceutique, et l'impossibilité de contourner le système en acceptant d'être moins bien remboursé : c'est faute de les avoir instituées que l'ancien système du médecin référent de l'assurance-maladie a été un échec.
On est consterné de retrouver, sous la plume de MM. Le Pen et Vallancien, le cliché du « malade qui réclame des examens » : point n'est besoin d'avoir exercé, comme moi, la médecine pendant trente-deux ans pour connaître les efforts qu'il faut déployer pour convaincre un malade d'accepter une investigation complémentaire, un traitement à suivre régulièrement (50 % des hypertendus français ne le font pas), une hospitalisation, un arrêt de travail («à mon âge et avec la situation de mon entreprise, je préfère prendre le risque de mourir que de perdre mon emploi»).
Les franchises médicales, uniformes pour tous, et appelées à augmenter en fonction du déficit de l'assurance-maladie, font des soins des plus pauvres (ou, si Martin Hirsch arrive à les en faire dispenser, des « moins pauvres des plus pauvres », comme aux Etats-Unis) la seule variable d'ajustement des comptes : on laissera les médecins prescrire ce qu'ils veulent, on laissera l'industrie pharmaceutique contrôler leur formation médicale continue et développer un marketing d'enfer pour pousser aux prescriptions inutiles : responsabiliser les responsables est électoralement plus risqué que de s'attaquer à des individus isolés et à faibles revenus ; mais, de grâce, qu'on cesse alors d'évoquer la « santé publique », totalement oubliée dans ce choix exclusivement politique et qui est un véritable choix de classe sociale, car il ne
concernera pas ceux qui ont les moyens financiers de ne rien changer à leurs habitudes de consommation médicale: désormais, la médecine préventive sera réservée aux plus riches.

 

Publié par C2R à 21:22:30 dans Santé | Commentaires (0) |